27 novembre 2006
Fiche de lecture n°4 : Bibliothécaires et documentalistes, deux métiers qui se rapprochent
Références bibliographiques :
Wiegandt, Caroline, « Bibliothécaires et documentalistes : Deux métiers qui se rapprochent », BBF, 2005, n°5, p. 16-18
[en ligne] <http://bbf.enssib.fr> Consulté le 16 novembre 2006
Sujet :
Les rapprochements entre le métier de bibliothécaire et celui de documentaliste liés aux évolutions du monde de l’information.
Mots clés :
Métier / Bibliothécaire / Documentaliste / Ressource numérique / Pratique documentaire.
Les auteurs :
Caroline Wiegandt a été professeur, chef du département Bibliothèque et fourniture de documents primaires à l’Inist, chef du département Information-documentation à l’Aérospatiale et consultante en management. Directrice des services et des réseaux à la BnF, et présidente de l’ADBS, elle est également l’auteur de nombreux articles.
Résumé :
Le traitement des ressources électroniques relance le débat sur la distinction que l’on fait en France entre le métier de bibliothécaire et celui de documentaliste et remet en question ses professions.
Les missions, telles que l’acquisition, l’indexation, la conservation, ont changées leurs modalités de fonctionnement pour le traitement en bibliothèque. Et en ce qui concerne les documentalistes, malgré la formation sur les ressources numériques, le métier craint d’être remplacé par les moteurs de recherche.
En plaçant l’utilisateur au centre des préoccupations des deux métiers, ces derniers se sont rapprochés bien que certains soient encore récalcitrants à cette idée.
Le travail documentaire a subi des bouleversements qu’il faut comprendre avant de voir les rapprochements entre les bibliothécaires et les documentalistes qui doivent s’adapter à ces changements.
Les pratiques des usagers ont changées et les professionnels de l’information ont du modifier leur façon de travailler. Ils communiquent alors les documents par voie numérique, les usagers sont de plus en plus nombreux et connaissent les techniques documentaires.
Des études, portant sur les publics des structures documentaires, démontrent que les certains outils sont utilisés pour des raisons diverses. Ainsi le même outil est utilisé pour des raisons professionnelles, puis pour un usage personnel, et sert également à mettre en relation des personnes ayant les mêmes intérêts.
Le nouvel utilisateur souhaite être capable d’effectuer seul et facilement des recherches sur tout support. L’accès par un catalogue, de plus en plus contesté, ne se limite plus au champ «auteur», «titre» mais s’étend à la recherche en «plein texte».
Les usagers et les professionnels désirent employer un vocabulaire plus familier ou relatif à leur métier lors de leurs recherches.
Les utilisateurs se sont familiarisés aux fonctionnalités des recherches sur le net, qui engendrent du «bruit», et à l’hypertexte. Les structures documentaires doivent s’adapter à ses nouvelles habitudes.
Les usagers ne font plus la différence quand ils recherchent de l’information entre les supports. Ils préfèrent rechercher sur tous les supports en même temps.
Les nouveaux objets documentaires ont bouleversés les pratiques des professionnels de l’information.
Les bibliothécaires et les documentalistes se préoccupent principalement du traitement du contenu du document que de son traitement physique et de son acquisition. Le catalogue permet donc, en plus de localiser un document, de connaître son contenu.
La ressource électronique est accessible à plusieurs niveaux de granularité. Les documents numériques ont des liens internes et sont liés entre eux. Ces liens vont déterminer les choix documentaires et ainsi par exemple faire la sélection de documents à mettre en relation autour d’un même thème.
L’abondance des documents numériques mène à la récupération des données bibliographiques ou à automatiser les étapes de la chaîne documentaire.
La manière dont le document a été crée est très important dans le traitement documentaire.
Avec l’apparition des ressources électroniques, la politique documentaire est devenue «collective» (La création des groupements d’achats, l’accès partagé à des ressources communes). De plus, la priorité est donnée à l’accessibilité et non à la localisation du document.
Les bibliothécaires et les documentalistes accordent plus d’importance aux services pour les utilisateurs.
Les foires aux questions et les services de «questions-réponses» remplacent et remettent à jour les anciennes techniques documentaires telles que le dossier documentaire. Les bibliothécaires et les documentalistes ont le même rôle en ce qui concerne la mise à disposition du fonds documentaire : tous deux font les accès, choisissent les normes. Les archivistes s’accordent pour employer la DTD XML EAD pour les manuscrits ou la norme « records management »pour les ressources internes.
La relation usager-professionnel est plus distante et le professionnel ignore l’utilisation finale du document. Les professionnels de l’information peuvent toutefois former les usagers.
Les bibliothécaires et les documentalistes évoluent dans le même contexte et leurs travaux documentaires ne différent pas beaucoup. De plus, tout deux placent la notion de médiation entre le document et l’usager au premier plan.
Les professionnels de l’information consacre plus de temps à la communication des documents, diffusés avec une valeur ajoutée importante, qu’aux traitements documentaires.
Les documentalistes se spécialisent dans un domaine précis, ils ont des compétences informatiques, et maîtrisent les langues étrangères. Ils sont attentifs aux évolutions technologiques et organisationnelles des entreprises. Ils mettent à profits ces compétences pour faire valoir leur fonction en créant des besoins d’information et en mettant à disposition des publics des services adaptés.
Les bibliothécaires et les documentalistes travaillent avec des informaticiens, juristes, responsables de communication.
Le support papier est toujours présent et les professionnels ont la gestion du flux et doivent négocier les droits.
Ầ l’heure de la multiplication des supports et à la variété des contenus, les bibliothécaires et les documentalistes doivent permettre aux utilisateurs de décider pertinemment et objectivement.
Avis critique :
Avec les nouveaux supports, les bibliothécaires et les documentalistes ont des objectifs communs. L’usager est placé au centre des préoccupations des uns et des autres.
Les traitements documentaires sont de plus en plus simplifiés et les deux métiers peuvent se recentrer sur les services à mettre à disposition de leur public afin d’optimiser la recherche d’information et la formation des usagers.
Cet article est simple et les rapprochements entre les bibliothécaires et les documentalistes sont bien identifiés et mis en relation avec les évolutions actuelles.
Je ne pense pas que la diversité des supports et les nouvelles technologies feront disparaître ces deux métiers mais ils doivent anticiper les évolutions futures ainsi que les besoins des utilisateurs afin d’y répondre mieux. Dans cette même perspective, les bibliothécaires et les documentalistes devront peut être s’allier davantage, voir à ne plus être distingué.
Le 16 novembre 2006
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=214383&pid=3280611
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :