09 janvier 2007
Fiche de lecture n°8 : Les acquisitions dans le contexte électronique
Références bibliographiques :
Cavalier, François, « Les acquisitions dans le contexte électronique », BBF, 2006, n° 1, p. 62-65[en ligne] <http://bbf.enssib.fr> Consulté le 22 décembre 2006
Sujet :
Les enjeux liés au nouveau mode d’acquisition des documents électroniques.
Mots clés :
Acquisition / Électronique / Consortium / Économie.
Les auteurs :
François Cavalier est directeur de la bibliothèque de l’université Claude Bernard Lyon 1 et responsable du département Négociations documentaires du consortium Couperin.
Résumé :
L’acquisition de textes imprimés est bien établie. Les collections sont structurées et répondent à des besoins ciblés. Les acteurs de la littérature scientifique et ceux de la littérature grise ont commercialisé leurs méthodes de production de la ressource.
Les bibliothécaires procèdent en sélectionnant des ouvrages qui déterminent leur collection.
L’acquisition de documents numériques se différencie par le déplacement de ces repères. La récupération d’informations moins structurées sur Internet nécessite un mode de recherche spécifique, une nouvelle approche de la conservation.
La construction de collections par les bibliothécaires est perturbée, comme d’autres aspects, par le web, véritable «réservoir de ressources».
Acquérir des collections électroniques
Des modèles économiques sont appliqués à ce mode d’acquisition :
· E-fee (papier + électronique) : c’est une redevance spécifique prise comme base de calcul du chiffre d’affaire. Elle permet d’autoriser la consultation en ligne du document ou d’une partie du document. La collection doit cependant être conservée sous la forme papier. C’est une pratique courante de bibliothèques universitaires.
· E-only (tout électronique): ce modèle permet d’exempter les structures des abonnements papier du fournisseur. Le client paye seulement l’abonnement électronique.
· Deep Discount Price (électronique + papier) : c’est une autre version du modèle précédent à la différence qu’il permet d’acquérir la version papier avec une remise dite Deep Discount Price.
Ces deux derniers modèles place la collection papier comme étant optionnelle.
· La classification des établissements par taille d’établissement (nombre d’usagers) : il est utilisé pour tarifer les bases de données.
· La tarification à l’acte (pay per view) : peu employé, ce modèle se base essentiellement sur la notion d’usage pour établir ses tarifications.
Les effets, avantages et « dommages collatéraux » de ces modèles
Dans le cadre de ces modèles, le droit d’usage remplace la possession des supports. Le client paye ses archives en adoptant des licences restrictives sur les droits d’archivages. Ces archives restent disponibles sur le site du fournisseur et leur pérennité n’est pas assurée.
La situation précaire des sociétés qui détiennent les droits n’assure pas la durabilité de cette activité commerciale. Il faut redéfinir le rôle des réseaux de bibliothèques dans la gestion des archives numériques en établissant un cadre politique de la conservation dans le réseau.
Les modèles économiques permettent de vendre des titres électroniques dans des bouquets (bundle). Un schéma appelé « Big Deal »permet au client de parvenir plus facilement au catalogue de sa production. Beaucoup de consortiums acceptent ce type de contrats qui favorisent financièrement le fournisseur.
Les éditeurs, ainsi que des établissements et des groupements de commandes nationaux participent au développement du « Big Deal » qui permet aux établissements de subvenir aux besoins de leurs utilisateurs. En dehors de ce schéma, les fournisseurs limitent généralement leur offre à des packages déjà constitués ne satisfaisant pas la plupart des besoins des établissements et n’étant pas toujours rentables.
Ces difficultés rencontrées dans l’acquisition de documents électroniques s ‘étendent à d’autre pays, tels que les Pays-Bas.
Par ailleurs, l’orientation de l’acquisition de documents électroniques tend à uniformiser les offres documentaires des établissements d’enseignement supérieur. Cette tendance est la conséquence de l’absence de sélection et de l’achat du même bouquet.
Par conséquent les ressources du réseau des bibliothèques ne sont plus aussi variées et le prêt entre bibliothèques subit une forte baisse. Ce bouleversement a porté préjudice aux bibliothèques dépositaires de fonds importants et au réseau Cadist. D’après une enquête menée par la Sous-direction des bibliothèques, ces constats sont toutefois à nuancer, l’enquête concluant à l’importance des Cadist dont l’activité doit être seulement repositionnée dans ce nouveau contexte électronique. La variété des collections n’étant plus prédominante, le réseau des bibliothèques doit également redéfinir ses missions et s’orienter vers la négociation, la constitution et la promotion de l’offre numérique. Les bibliothèques doivent étendre leur rôle à la dimension du réseau en développant la fourniture de documents à distance et en négociant la documentation pour la communauté ou en créant des groupements de commandes.
Par ailleurs, l’offre électronique standardisée a permis de développer l’offre documentaire fréquemment défaillante ou étique surtout pour les petits établissements qui peuvent se joindre aux collections des établissements plus riches. L’uniformisation permet une meilleure satisfaction des besoins des chercheurs qui ont alors accès à des ressources documentaires de qualité quand ils le souhaitent, et d’optimiser l’offre documentaire des établissements.
Perspectives
L’acquisition de collections électroniques permet aux bibliothèques de l’enseignement supérieur d’améliorer leur visibilité, et malgré les perturbations dues à ce nouveau mode d’acquisition, cela à permis aux bibliothèques de se rapprocher des chercheurs et des décideurs de l’université.
Le consortium a permis aux bibliothèques de négocier les licences et de réduire les coûts. La répartition des savoir-faire assure l’évolution du professionnalisme des bibliothécaires. De plus, le partage d’information et la collaboration entre les bibliothèques et les consortiums permettent à la documentation de faire face à la contrainte économique des grands groupes éditoriaux.
Avis critique :
Cet article révèle les enjeux économiques liés à l’acquisition dans le contexte électronique. En développant les différents modèles économiques de ce nouveau mode d’acquisition, l’auteur explique clairement la situation à laquelle sont confrontée les bibliothèques.
Il met en avant l’intérêt qu’ont les structures documentaires à se regrouper pour une meilleure gestion des bouleversements occasionnés et faire face aux modes de fonctionnement des fournisseurs.
Le 28 décembre 2006
08 janvier 2007
Fiche de lecture n°7 : Imprimés en libre accès à la Bibliothèque nationale de France, évaluations de la consultation
Références bibliographiques :
Rives, Caroline, « en : Évaluations de la consultation », BBF, 2006, n° 6, p. 43-46
[en ligne] <http://bbf.enssib.fr> Consulté le 22 décembre 2006
Sujet :
Évaluations de la consultation des imprimés en libre accès à la BnF
Mots clés :
BnF / Libre accès / Consultation / Évaluation.
Les auteurs :
Caroline Rives est coordinatrice de la politique documentaire à la Bibliothèque nationale de France. Elle est également l’auteur de nombreuses contributions au Bulletin des bibliothèques de France et à la Revue des livres pour enfants.
Résumé :
Sur le site François Mitterrand, une importante collection est accessible communiquant 320 000 volumes en libre accès en haut-de-jardin et 345 000 en rez-de-jardin (hors périodiques).
En 1993, Valérie Tesnière montrait l’importance de mettre les fonds en libre accès en permettant ainsi aux usagers d’effectuer leur recherche et d’avoir une vision instantanée de l’importance des volumes de la bibliothèque, c’est le rez-de-jardin. Le haut-de-jardin permet de rendre l’usager plus autonome et de lui proposer les outils pour effectuer ses recherches de manière plus pertinente.
Valérie Tesnière précisait également que le temps dont disposait la Bibliothèque nationale de France pour évaluer ses nouveautés était limité. Il fallait alors rapidement choisir des mesures adaptées aux besoins des utilisateurs.
L’étude des usages par les publics peut être effectuée comme l’envisageait Bertrand Calenge par « le comptage des consultations sur place, par dénombrement des sessions pour l’offre numérique, peut-être bientôt par puces et radiofréquences pour les documents matériels ».
Lors d’enquêtes de publics, l’observation de la fréquentation du haut-de-jardin révèle que l’étudiant désire consulter aisément ses documents.
En 1998 et 1999, des collections en libre accès ont été étudiées afin d’élaborer une charte documentaire complète et récente, montrant l’importance des évaluations sur les usages et la demande.
En outre, la BnF préparait un projet d’établissement en 2001-2003 et la constitution d’un groupe de travail sur le haut-de-jardin axé sur l’étude des modalités pour élargir les publics.
Évaluations en 2000 et 2004 en haut-de-jardin
Après avoir élaboré des indicateurs de mesure de la progression quantitative et qualitative de la construction des collections en libre accès, Bruno Béguet dirige la première évaluation en haut-de-jardin en décembre 2000.
Les résultats révèlent que les lecteurs présents consultent en moyenne 1,1 document par personne, avec des différences importantes selon les départements, que la consultation des périodiques est rare, que la consultation est différente suivant les disciplines, que les lecteurs favorisent la lecture en français, que les documents consultés sont en majorité parus après 1996.
Les usages de chaque discipline, même de chaque thème, sont alors précisés. Le profil du lecteur du haut-de-jardin tend vers l’étudiant de premier cycle universitaire. Ces résultats doivent être cependant nuancés car les disciplines ont toutes été consultés et donc elles répondent chacune à un besoin réel.
L’auteur de cet article a également menée une deuxième étude en haut-de-jardin en 2004 pour mesurer l’impact d’évolutions menées en haut-de-jardin suivant les recommandations du groupe de travail. Cette étude a également été axée sur les collections de périodiques de la salle de presse.
Les résultats de cette nouvelle évaluation s’apparentent à ceux de la première : le nombre de documents consulté est en légère hausse, les périodiques sont plus consultés surtout en salle de la presse, le partage des consultations entre disciplines est presque identique, la lecture en français est toujours favorisée, la majorité des documents consultés sont des publications françaises, le lecteur consulte beaucoup de documents récents.
Le profil du lecteur est aussi approximativement identique. Ces résultats similaires montrent les évolutions d’une importante collection n’altèrent pas l’image d’une structure ni des comportements des utilisateurs. L’auteur montre l’intérêt de réitérer l’évaluation en 2007, suite au désherbage de 2005 qui a modifiée le profil de la collection.
L’application de la méthode par Bruno Béguet à la Bibliothèque publique d’information a permis l’interopérabilité entre les données de la BnF et celles de la Bpi.
Évaluation en rez-de-jardin en 2005
En 2005, l’évaluation a été réalisé en rez-de-jardin dont la collection en libre accès n’est que complémentaire des ressources des magasins. Elle est plus importante et plus variée, que celle du haut-de-jardin. Les résultats de cette opération ne permettront pas aux départements de réorienter la politique documentaire mais de déterminer la pérennité des documents en libre accès.
En fusionnant les deux catalogues qui distinguaient le libre accès et les magasins, la consultation du libre accès a été optimisée. De plus, les collections en libre accès se distinguent suivant les disciplines en proposant en priorité les documents les plus souvent consultés pour les domaines traditionnels, et les documents les plus récents pur les nouveaux domaines.
Les résultats de l’évaluation se différencient de ceux obtenus en haut-de-jardin et suivant les options : les lecteurs consultent de nombreux documents mais peu de périodiques en libre accès, la consultation des documents est différente selon les disciplines mais les plus consultés ne sont pas les mêmes qu’en haut-de-jardin, la consultation en langue française prédomine toujours.
Le lecteur du rez-de-jardin privilégie la consultation en libre accès et l’utilisation de corpus. Le droit qui est le domaine le plus consulté en haut-de-jardin est moins utilisé en rez-de-jardin ce qui laisse à penser qu’il faudrait favoriser l’accès des documents les plus fréquemment consultés en libre accès et les nouveaux travaux de recherche en magasin.
Les évaluations de la consultation en libre accès complètent les enquêtes du public et permettent d’observer les situations d’utilisation. De plus, les résultats des deux procédures suivent la même logique. Toutefois, l’investissement financier et humain demeure important. En outre, les changements de la politique documentaire réalisés à la suite de ces évaluations sont observables sur les comportements des usagers à long terme.
La mise en place d’une base Access permettra des évaluations plus détaillées du contenu des consultations des magasins. Toutefois, ces évaluations seront difficiles à réaliser compte tenu de la difficulté à interpréter le libellé des cotes, de l’importance de la collection à évaluer et de l’indexation en Dewey de seulement quelques documents en magasin.
Avis critique :
Cet article permet de mettre en évidence l’importance des évaluations de la consultation des documents. C’est une démarche qui permet de réajuster l’offre proposée aux utilisateurs en tenant compte de leurs besoins.
Bien que les investissements sont lourds, il apparaît nécessaire d’évaluer la consultation afin d’effectuer des modifications de la politique documentaire et ainsi satisfaire les usagers.
En montrant les enjeux de ces évaluations, l’auteur m’a permis de mieux en appréhender les conséquences. Cependant, certaines notions comme « haut-de-jardin » et « rez-de-jardin » auraient pu être plus détaillées afin d’améliorer la compréhension du texte.
Le 6 janvier 2007
Fiche de lecture n°6 : L’Iconothèque numérique, un nouveau service électronique pour l’université
Références bibliographiques :
Schietse, Bérengère ; Vandooren, Françoise, « L’Iconothèque : Un nouveau service électronique pour l’université », BBF, 2004, n° 2, p. 90-96
[en ligne] <http://bbf.enssib.fr> Consulté le 22 décembre 2006
Sujet :
La mise en place de l’iconothèque numérique de l’Université libre de Bruxelles.
Mots clés :
Iconothèque numérique/ Image / Université libre de Bruxelles / Fonds iconographique / Accessibilité.
Les auteurs :
Bérengère Schietse diplômée en sciences de l’information et de la documentation et agrégée en histoire de l’art. Elle est attachée d’enseignement et de recherche auprès du directeur des bibliothèques de l’Université libre de Bruxelles et spécifiquement pour la bibliothèque de médecine.
Françoise Vandooren est titulaire d’une licence en langues et linguistique et est attachée à la Direction des bibliothèques de l’Université libre de Bruxelles. Elle est également l’auteur de nombreux articles.
Résumé :
Suite à une enquête montrant l’importance des fonds iconographiques, l’Université libre de Bruxelles (ULB) développe sa bibliothèque électronique en créant, en 2002, une « Iconothèque numérique » et ainsi facilite l’accès et la gestion des documents iconographiques.
Ses fonds comprennent divers types de documents : des collections d’images numériques et de diapositives utilisées pour illustrer l’enseignement, des archives photographiques, des collections de laboratoires de recherche en sciences et médecine…
Le contexte des collections iconographiques : entre tradition et nouvelles technologies
Les bibliothèques ont commencé par le traitement des collections servant d’appui à l’enseignement. Ces collections s’organisent de manière différente car leurs contenus, leurs utilisateurs, leurs modes de gestion et d’accès sont différents.
La bibliothèque de médecine avaient tenté de rendre accessible les diapositives projetées en cours, les présentations Power Point, et les réalisations multimédias sur support électronique mais les différents modes d’accès et la gestion des documents étaient limités.
Les collections correspondant à des situations variées, il fallait établir un système de gestion des collections iconographiques électroniques en les stockant dans une base de données unique. Ainsi, les documents seraient plus aisément accessibles à distance et leurs accès contrôlés. Les spécialistes devaient se charger de l’indexation des documents, et la recherche serait plus utile si les standards des métadonnées et les protocoles de communication étaient respectés.
Les droits d’auteur de certains documents devaient être étudiés, leur autorisation de reproduction étant limitée au support analogique.
Le choix d’un système de gestion d’images numériques
L’approche « cahier des charges »
L’analyse de l’existant, l’étude des besoins, la rédaction d’un cahier des charges et une approche dite « top down » (étude des fonctionnalités requises et des logiciels) ont été effectués afin de choisir un logiciel adapté. Cette étude a révélé plusieurs contraintes et la complexité de formaliser les fonctionnalités requises d’un système de gestion d’images.
L’approche « étude du marché »
Les critères de sélection étant complexes à définir, un groupe de travail commun a été chargé en juillet 2000 d’effectuer une étude de faisabilité pur la création, la gestion et l’exploitation d’une iconothèque numérique, afin d’établir les fonctions d’un nouveau service à la communauté.
Une grille d’analyse itérative comme outil de sélection
Une approche dite « bottom up » a été employée pour établir les fonctions requises du système de gestion d’images à partir des fonctionnalités et caractéristiques techniques de logiciels existants. Une grille d’analyse des fonctionnalités des logiciels a permis de définir les critères de sélection comme l’importation par lot d’images, la description par groupe d’images, la création de différentes bases ou collections d’images au sein d’un système unique…
L’exportation des données en XML et la conformité à la norme Z39,50 du système rendait possible son insertion dans le système existant.
L’étude du marché permet d’envisager plusieurs solutions : les systèmes de gestion de bibliothèque proposant une interface de recherche unique, les progiciels orientés « Images » ou photothèque ayant des fonctions élaborées de visualisation d’images, les progiciels orientés « GEID » offrant généralement toutes les fonctionnalités de catalogage, et les systèmes des universités pour les institutions patrimoniales ou pédagogiques.
Les prix différent également suivant les produits. Le choix s’est porté sur une licence d’utilisation liée au serveur hébergeant les images.
Les progiciels Alexandrie et CONTENTdm ont été présélectionnés à partir de l’étude du marché. En négociant avec les fournisseurs, des tests en situation réelle ont permis d’étudier la convivialité des systèmes, les fonctionnalités de consultation et de gestion, le suivi commercial et technique…
Ces tests ont permis de sélectionner le système CONTENTdm qui proposait un système de gestion plus convivial, ce critère étant primordial vu que les scientifiques devaient indexer eux mêmes leurs documents.
La mise en place du service Iconothèque numérique
L’iconothèque numérique rend accessible à distance les collections d’images numériques par le web et permet leurs développements. Ce nouveau service s’organise avec les fonctions d’apport de l’infrastructure technologique, de traitement et de gestion documentaire, de rédaction de la documentation et de formation des usagers, d’accès aux collections et de promotion du service. L’équipe du service collabore avec les enseignants dès la création d’une collection.
Les collections sont accessibles aux usagers via un site web qui permet aussi d’informer et de mettre en relation les intervenants du service.
L’évaluation comme composante dynamique d’un service électronique
Les utilisateurs contribuent à l’élaboration du service électronique. Afin d’optimiser les usages du service, ces derniers doivent faire l’objet d’évaluations. Bien qu’il soit trop tôt pour appliquer les outils d’évaluation quantitative, une démarche sur l’utilisabilité est faisable pour adapter le service aux besoins des utilisateurs en prenant en compte leurs réactions. La méthode utilisée est centrée sur les situations rencontrées par les usagers (« user-centred documentation »).
D’autres tests sur l’utilisabilité ont suivi donnant lieu à des constatations d’ordre linguistique. L’auteur conclut en définissant l’utilisabilité comme étant un outil performant pour aider à la décision, à la conception de la documentation, et au paramétrage des interfaces de consultation et de recherche.
Conclusions
Les avancées technologiques et le temps de réflexion autour de ce projet ont permis la réalisation de l’iconothèque numérique au service de la communauté universitaire, participant à l’élaboration de la bibliothèque électronique.
Ce projet repose sur le partenariat entre l’équipe du service et les enseignants scientifiques. En rendant les collections d’images scientifiques plus accessibles, les savoirs sont valorisés et le patrimoine iconographique numérique scientifique et pédagogique de l’université est formé.
En décembre 2003, le service était constitué de six collections et d’une dizaine en cours de création. Le but étant de valoriser l’iconothèque numérique pour les enseignants, de créer de nouvelles collections et d’optimiser l’outil et les services.
Avis critique :
Cet article permet de mieux appréhender les étapes de la mise en place d’une iconothèque numérique. Illustré par l’exemple de l’ULB, il est intéressant d’étudier les démarches qui ont contribué à la réalisation de ce projet ambitieux.
L’article est compréhensible et le vocabulaire employé est simple. Les notions plus difficiles sont expliquées clairement.
Cet article est intéressant car il aborde des notions importantes de la documentation telles que l’accessibilité des collections, la mise en ligne de documents électroniques, l’indexation de documents spécifiques, la conduite d’un projet numérique et les méthodes d’évaluation de collections numériques.
Le 5 janvier 2007
07 décembre 2006
Fiche de lecture n°5 : Le droit d’auteur, un obstacle à la liberté d’information
Références bibliographiques :
Battisti, Michèle, « Le », BBF, 2004, n° 6, p. 31-35
[en ligne] <http://bbf.enssib.fr> Consulté le 7 décembre 2006
Sujet :
Le droit d’auteur au cœur des polémiques et des changements.
Mots clés :
Droit d’auteur / Information / Copyright.
Les auteurs :
Résumé :
Sujet de débat, le droit d’auteur ou droit de la propriété littéraire et artistique participe au droit à l’information dans le cadre de la propriété intellectuelle.
Le droit d’auteur, un compromis social
Le droit d’auteur et le copyright permettent de concilier les intérêts privés (la gratification de la création) et l’intérêt général (l’amélioration des savoirs). Néanmoins, le droit d’auteur est principalement axé sur la personnalité de l’auteur dans les pays du droit d’auteur, tel que la France
Ce droit est envisagé différemment suivant ces deux distinctions. La protection de la personnalité de l’auteur et le droit moral sont des principes prioritaires dans les pays de droit d’auteur, contrairement aux pays de copyright qui considèrent la protection de l’œuvre et les droits patrimoniaux comme prépondérant. Les directives européennes s’accordent à mettre l’accent sur les droits patrimoniaux.
Le droit d’auteur est constitué de droits moraux et de droits patrimoniaux.
Les droits moraux sont inaliénables et perpétuels. On distingue quatre droits : le droit au respect du nom (citer l’auteur de l’œuvre), le droit de divulgation (choix de divulguer l’œuvre et choix du support de diffusion), le droit au respect de l’intégrité de l’œuvre, et le droit de repentir ou de retrait de l’œuvre.
Les droits patrimoniaux sont le droit de reproduction (autorisation de reproduire l’œuvre), et le droit de représentation ou droit de communication de l’œuvre au public. Ces droits peuvent être cédés et négociés.
Un troisième axe est apparu concernant les auxiliaires et investisseurs, titulaires de droits voisins ou de droits spécifiques en tant que producteurs de bases de données.
En France, depuis la loi du 3 juillet 1985, les artistes-interprètes, les producteurs de phonogrammes et de vidéogrammes, les entreprises de communication audiovisuelle sont des titulaires de droits voisins. Malgré leur complémentarité, ces droits s’opposent aux droits d’auteur sur le plan économique.
En effet, depuis la loi du 1er juillet 1998, le droit sui generis autorise les producteurs de bases de données d’interdire de se resservir de manière «substantielle» ou «répétée» des données de leurs bases quand les placements financiers pour leurs créations sont «substantiels».
Une durée limitée de l’exclusivité concédée aux auteurs et à une série d’exceptions rétablit une harmonie entre les droits des auteurs et ceux des usagers. Dans les pays de copyright, le système ouvert permet certaines utilisations. Dans les pays de droit d’auteur, le système fermé propose une liste d’actes permis.
Selon une directive européenne, la durée des droits d’auteur est alors de soixante dix ans après le décès de l’auteur. La durée des droits voisin a été établie à cinquante ans suite à la première version ou fixation de l’œuvre (pour les œuvres collectives, la durée est établie d’après la date de publication).
Les droits moraux demeurent perpétuels et une précision est apportée à la notion de publication : la transformation d’un texte est considérée comme une autre publication, et la durée des droits d’auteurs d’une traduction est calculé à partir de la mort du traducteur.
Aux États-Unis, une loi de 1998 fixe la durée des droits d’auteur d’une personne morale à quatre-vingt-quinze ans suite à la publication de l’œuvre.
De plus, dans le même pays, le Fair Use autorise l’usage libre d’une œuvre protégée. L’utilisation est établie selon quatre critères : l’objectif et la nature de l’usage, la nature de l’œuvre protégée, la quantité et le caractère substantiel de l’œuvre et son effet sur le marché potentiel de l’œuvre ou sur sa valeur.
Le Fair Dealing, en Grande-Bretagne, réduit l’utilisation des œuvres protégées à la recherche, à l’étude privée, à la critique, la revue ou à ce qui est attaché à l’actualité. D’après le Library privilege, les bibliothèques à but non commercial sont autorisées à faire des copies pour les utilisateurs dont l’usage serait pédagogique ou destiné à la recherche. L’adoption de la directive européenne a transformé certains points de ces usages.
En France, une liste des exceptions aux droits patrimoniaux permet les représentations privées et gratuites réalisées dans un cercle familial, la copie à l’usage privé du copiste, et non pour un usage collectif, l’analyse, la revue de presse…
Tous ces éléments, tel que la fin de l’exclusivité de l’auteur, et d’autres, comme les œuvres du domaine public par nature, participent à la naissance d’un domaine public libre d’utilisation et de toute exploitation.
Les œuvres du domaine public sont libres de droit. On distingue cependant les œuvres «tombées» dans le domaine public à la fin de leur protection, et celles du «fonds commun»qui ne sont pas protégées comme les œuvres dépourvues d’originalité ou les œuvres de personnes publiques.
Un équilibre menacé
En réaction à la libre circulation des œuvres protégées sur Internet, les auteurs et les producteurs ont fait valoir leurs droits en portant plainte contre les contrefacteurs.
Les oeuvres sont dorénavant protégées par des systèmes de protection des producteurs dont toute infraction est condamnable selon diverses lois dont la directive sur le droit d’auteur et les droits voisins (DADVSI). Généralement, pour ne pas aller contre les usages tel que la copie privée, les auteurs des œuvres établissent des contrats, permettant ou non certaines utilisations, avec les usagers. Cette procédure rend difficile la concordance entre les conditions des contrats et les exceptions permises.
Les exceptions au droit d’auteur sont soumises au test des trois étapes qui tend à éliminer certaines exceptions tel que la copie privée. Ces exceptions ne sont instituées ni sur un principe d’ordre public ni sur une estimation d’intérêt général.
Les limitations et les exceptions du droit d’auteur sont tenues de se soumettre à cet examen. Elles n’ont la possibilité de constituer que : certains cas spéciaux, où il n’est pas porté atteinte à l’exploitation normale de l’œuvre, ni causé de préjudice injustifié aux intérêts légitimes de l’auteur.
Les exceptions peuvent être déterminé par l’ordre public qui constitue les principes de la société.
En outre, l’auteur est contraint de conclure un accord pour l’exploitation de son œuvre car il n’a plus le contrôle de celle-ci à cause des licences légales. Ces dernières permettent l’exploitation d’une œuvre, suivant certaines contraintes, en négociant une compensation équitable.
Un nouvel équilibre
L’application du droit d’auteur et de ses divers changements posent problème pour être appliqué.
On constate une jonction des systèmes juridiques. Le droit d’auteur et le copyright ne sont plus si éloignés l’un de l’autre. Le droit d’auteur protège les investisseurs et les intermédiaires, titulaires de droits voisins. Le droit d’auteur protège également des créations de plus en plus variées.
En outre, il apparait un regroupement des droits. Des catalogues de droits ont été élaborés à partir de la centralisation des grandes entreprises de l’industrie culturelle. C’est une solution préconisée, car il n’existe pas de standard de financement, pour rendre lucratif les droits acquis. On assiste à des changements au niveau de la chaîne des valeurs des industries culturelles. Avec Internet, des évolutions sont à prévoir comme l’apparition de nouveaux intermédiaires et services payants plus faciles d’utilisation.
On peut également remarquer une érosion du domaine public. Les critères économiques, traduis par la protection des placements pour le traitement de l’information, succèdent aux critères qualitatifs, c'est-à-dire l’originalité, la nouveauté.
Toute création peut être protégée, même par la suite les liens hypertextes, les métadonnées, les systèmes de référencement. Ces nouveaux produits promettent de nouvelles procédures contractuelles, salariales, et judiciaires.
Les nouvelles technologies permettent de mettre en place des nouvelles vérifications plus efficaces qui pourraient octroyer plus de droits privatifs aux titulaires de droit, favoriser les utilisations et le règlement sélectif, mais aussi de porter atteinte à la vie privée, et la réussite de modèles alternatifs.
Ces nouveaux modèles dits «libres», tels que les «Creative Commons», le «copyleft» justifient le libre accès mais ne sont pas encore reconnus légalement en France.
Plusieurs notions sont à distinguer : la notion d’ouverture («open») qui est un accès non verrouillé, les ressources gratuites, le domaine public, la notion de «libre de droit» qui détermine les exploitations autorisées.
Le Copyleft permet à l’auteur de céder les droits de copie, de modification et de diffusion à des tiers.
Le Creative Commons est une licence où les auteurs déterminent les utilisations autorisées.
Une nouvelle construction du droit d’auteur
Le modèle d’attribution des ressources doit être modifié. Grâce à la souplesse de la propriété intellectuelle et à son caractère contractuel, d’autres schémas, instaurés sur la diffusion et la notoriété, peuvent être envisagés et permettre aux utilisateurs d’avoir certains droits. Ainsi, en adoptant des licences, les usagers peuvent diffuser librement des œuvres de toute nature et pour tout usage.
C’est un débat sur la connaissance récurrent, autant sur le plan juridique que politique, et qui traite de l’équilibre entre la propriété et la liberté.
Avis critique :
Sur le thème du droit d’auteur, plusieurs notions sont énoncées dans cet article. C’est un droit dont les paramètres sont complexes. Les concepts de droit d’usages et de droits de propriété sont des sujets difficiles à traiter et qui posent encore problème aujourd’hui.
Cet article m’a permis d’approfondir mes connaissances sur le sujet et d’envisager de nouvelles pistes de réflexion.
Cependant, c’est texte difficilement résumable car les notions abordées sont diverses et doivent être expliquée et définie en les simplifiant de manière à les assimilées correctement.
Le 27 novembre 2006
27 novembre 2006
Fiche de lecture n°4 : Bibliothécaires et documentalistes, deux métiers qui se rapprochent
Références bibliographiques :
Wiegandt, Caroline, « Bibliothécaires et documentalistes : Deux métiers qui se rapprochent », BBF, 2005, n°5, p. 16-18
[en ligne] <http://bbf.enssib.fr> Consulté le 16 novembre 2006
Sujet :
Les rapprochements entre le métier de bibliothécaire et celui de documentaliste liés aux évolutions du monde de l’information.
Mots clés :
Métier / Bibliothécaire / Documentaliste / Ressource numérique / Pratique documentaire.
Les auteurs :
Caroline Wiegandt a été professeur, chef du département Bibliothèque et fourniture de documents primaires à l’Inist, chef du département Information-documentation à l’Aérospatiale et consultante en management. Directrice des services et des réseaux à la BnF, et présidente de l’ADBS, elle est également l’auteur de nombreux articles.
Résumé :
Le traitement des ressources électroniques relance le débat sur la distinction que l’on fait en France entre le métier de bibliothécaire et celui de documentaliste et remet en question ses professions.
Les missions, telles que l’acquisition, l’indexation, la conservation, ont changées leurs modalités de fonctionnement pour le traitement en bibliothèque. Et en ce qui concerne les documentalistes, malgré la formation sur les ressources numériques, le métier craint d’être remplacé par les moteurs de recherche.
En plaçant l’utilisateur au centre des préoccupations des deux métiers, ces derniers se sont rapprochés bien que certains soient encore récalcitrants à cette idée.
Le travail documentaire a subi des bouleversements qu’il faut comprendre avant de voir les rapprochements entre les bibliothécaires et les documentalistes qui doivent s’adapter à ces changements.
Les pratiques des usagers ont changées et les professionnels de l’information ont du modifier leur façon de travailler. Ils communiquent alors les documents par voie numérique, les usagers sont de plus en plus nombreux et connaissent les techniques documentaires.
Des études, portant sur les publics des structures documentaires, démontrent que les certains outils sont utilisés pour des raisons diverses. Ainsi le même outil est utilisé pour des raisons professionnelles, puis pour un usage personnel, et sert également à mettre en relation des personnes ayant les mêmes intérêts.
Le nouvel utilisateur souhaite être capable d’effectuer seul et facilement des recherches sur tout support. L’accès par un catalogue, de plus en plus contesté, ne se limite plus au champ «auteur», «titre» mais s’étend à la recherche en «plein texte».
Les usagers et les professionnels désirent employer un vocabulaire plus familier ou relatif à leur métier lors de leurs recherches.
Les utilisateurs se sont familiarisés aux fonctionnalités des recherches sur le net, qui engendrent du «bruit», et à l’hypertexte. Les structures documentaires doivent s’adapter à ses nouvelles habitudes.
Les usagers ne font plus la différence quand ils recherchent de l’information entre les supports. Ils préfèrent rechercher sur tous les supports en même temps.
Les nouveaux objets documentaires ont bouleversés les pratiques des professionnels de l’information.
Les bibliothécaires et les documentalistes se préoccupent principalement du traitement du contenu du document que de son traitement physique et de son acquisition. Le catalogue permet donc, en plus de localiser un document, de connaître son contenu.
La ressource électronique est accessible à plusieurs niveaux de granularité. Les documents numériques ont des liens internes et sont liés entre eux. Ces liens vont déterminer les choix documentaires et ainsi par exemple faire la sélection de documents à mettre en relation autour d’un même thème.
L’abondance des documents numériques mène à la récupération des données bibliographiques ou à automatiser les étapes de la chaîne documentaire.
La manière dont le document a été crée est très important dans le traitement documentaire.
Avec l’apparition des ressources électroniques, la politique documentaire est devenue «collective» (La création des groupements d’achats, l’accès partagé à des ressources communes). De plus, la priorité est donnée à l’accessibilité et non à la localisation du document.
Les bibliothécaires et les documentalistes accordent plus d’importance aux services pour les utilisateurs.
Les foires aux questions et les services de «questions-réponses» remplacent et remettent à jour les anciennes techniques documentaires telles que le dossier documentaire. Les bibliothécaires et les documentalistes ont le même rôle en ce qui concerne la mise à disposition du fonds documentaire : tous deux font les accès, choisissent les normes. Les archivistes s’accordent pour employer la DTD XML EAD pour les manuscrits ou la norme « records management »pour les ressources internes.
La relation usager-professionnel est plus distante et le professionnel ignore l’utilisation finale du document. Les professionnels de l’information peuvent toutefois former les usagers.
Les bibliothécaires et les documentalistes évoluent dans le même contexte et leurs travaux documentaires ne différent pas beaucoup. De plus, tout deux placent la notion de médiation entre le document et l’usager au premier plan.
Les professionnels de l’information consacre plus de temps à la communication des documents, diffusés avec une valeur ajoutée importante, qu’aux traitements documentaires.
Les documentalistes se spécialisent dans un domaine précis, ils ont des compétences informatiques, et maîtrisent les langues étrangères. Ils sont attentifs aux évolutions technologiques et organisationnelles des entreprises. Ils mettent à profits ces compétences pour faire valoir leur fonction en créant des besoins d’information et en mettant à disposition des publics des services adaptés.
Les bibliothécaires et les documentalistes travaillent avec des informaticiens, juristes, responsables de communication.
Le support papier est toujours présent et les professionnels ont la gestion du flux et doivent négocier les droits.
Ầ l’heure de la multiplication des supports et à la variété des contenus, les bibliothécaires et les documentalistes doivent permettre aux utilisateurs de décider pertinemment et objectivement.
Avis critique :
Avec les nouveaux supports, les bibliothécaires et les documentalistes ont des objectifs communs. L’usager est placé au centre des préoccupations des uns et des autres.
Les traitements documentaires sont de plus en plus simplifiés et les deux métiers peuvent se recentrer sur les services à mettre à disposition de leur public afin d’optimiser la recherche d’information et la formation des usagers.
Cet article est simple et les rapprochements entre les bibliothécaires et les documentalistes sont bien identifiés et mis en relation avec les évolutions actuelles.
Je ne pense pas que la diversité des supports et les nouvelles technologies feront disparaître ces deux métiers mais ils doivent anticiper les évolutions futures ainsi que les besoins des utilisateurs afin d’y répondre mieux. Dans cette même perspective, les bibliothécaires et les documentalistes devront peut être s’allier davantage, voir à ne plus être distingué.
Le 16 novembre 2006
Fiche de lecture n°3 : Folksonomies, les usagers indexent le web
Références bibliographiques :
Le Deuff, Olivier, « Folksonomies : Les usagers indexent le web », BBF, 2006, n° 4, p. 66-70
[en ligne] <http://bbf.enssib.fr> Consulté le 10 novembre 2006
Sujet :
L’indexation par les utilisateurs des documents numériques mis en ligne sur le web.
Mots clés :
Folksonomie / Indexation / Tag / Usager / Document numérique / Web.
Les auteurs :
Le Deuff Olivier est un enseignant-documentaliste au collège Léon Jozeau Marigné d’Isigny-le-Buat dans la Manche. Il est également webmaster du Guide des égarés.
Résumé :
Le phénomène de folksonomie (ou folknologie) consiste en l’indexation des documents numériques du web par les utilisateurs. Ce terme, inventé par Thomas Vander Wal, est une combinaison de taxinomie (règles de classification, taxonomy) et les usagers (folk), en anglais. Le terme tag est un mot-clé.
Grâce au «web 2.0», dit deuxième version du web, les usagers ont plus de possibilités d’expression. Ce phénomène et les débats se multiplient, surtout en anglais. Les français peuvent associer des tags à des blogs sur le site Technorati.
Quelle est la durabilité des folksonomies qui soulèvent plusieurs questions, surtout après l’article de Clay Shirky qui répond comme Thomas Vander Wal aux questions sur ce phénomène en débat.
Les caractéristiques des folksonomies
À cause de la multiplicité d’informations sur le web, l’usager peut retrouver des documents en indexant lui-même avec ses mots-clés. Ầ la différence des systèmes d’indexation documentaires, les folksonomies ne sont pas normalisées. Les usagers choisissent eux-mêmes leurs mots-clés pour l’organisation de leur propre système d’information, selon leurs besoins.
L’usager peut indexer tous les documents seul, dans un esprit, paradoxalement, «collaboratif». C’est donc une démarche personnelle dans un cadre collaboratif.
Le partage, la collaboration, l’ouverture d’esprit sont des notions désignant les folksonomies qui se rapprochent des missions principales d’Internet. Exemple avec les services de photos en ligne qui proposent à leurs utilisateurs d’attribuer des mots-clés aux images qui sont partagées et réutilisées.
L’utilisation des tags est débattue car le choix des mots-clés par les usagers est aléatoire et leur emploi n’est pas sans conséquences.
Il existe deux types de folksonomies (selon Thomas Vander Wal)
- les «étroites» ou narrow folksonomies : utilisées à but personnel.
- les «générales» ou broad folksonomies : utilisées à but collaboratif (exemple les sites de partages de favoris, comme del.icio.us ou Connotea). Cela permet à des utilisateurs d’être mis en relation suivant leurs centres d’intérêts. L’indexeur est alors indexé lui-même et en relation avec d’autres mots-clés, d’autres sites et d’autres usagers.
Un Tag
Un tag est un mot-clé, une caractéristique ou une métadonnées dans les folksonomies. Le tag est déterminé par l’usager selon sa culture et sa maîtrise de la langue, et donc le choix des tags n’est pas normalisé par un langage documentaires rigoureux. Les tags sont alors divers. Le fait d’attribuer des tags augmente sans être réellement mesurable.
Inconvénients et avantages
La folksonomie est un système souple et adapté à l’utilisateur mais ce qui entraîne une désorganisation de l’indexation professionnelle classique. Certains professionnels considèrent les folksonomies comme inutiles, doublons des métadonnées. Ils craignent également que les tags soient utilisés pour promouvoir les sites, et devenir alors de l’info-pollution (expression d’Eric Sutter).
Les folksonomies engendrent des confusions et des polysémies qui avaient été supprimées par l’utilisation de systèmes structurés et normalisés. Les recherches avec les folksonomies sont moins efficaces. Des dérives sont aussi à craindre de la part des entreprises qui peuvent créer de faux usagers (l’ astroturfing).
Critiques et débats
Les professionnels de l’information ont tendances à critiquer les folksonomies en démontrant notamment qu’elles compliquent les recherches. Certaines critiques sont contredites par des arguments d’ordre économiques car les folksonomies sont moins coûteuses selon certains.
Des moyens de veille et de mesure
Pour les veilles spécialisées, les folksonomies permettent la traque de termes précis (tracking). Elles sont également utilisées pour mesurer la popularité de tags, de blogs. Cette mesure ne garantit pas la fiabilité de l’objet mesuré.
De plus, les tags permettent de voir rapidement l’intérêt du blog, mais aussi l’aspect linguistique du blog avec les langues les plus utilisées. L’anglais est la langue la plus couramment employée pour les tags ce qui étend l’offre à plus d’utilisateurs et donc cette offre est plus rentable. Ces usages sont intéressants et complètent les recherches effectuées sur les moteurs de recherche qui l’ont compris et donc qui rachètent les folksonomies les plus populaires.
Le web sémantique du pauvre ?
Les folksonomies étendent les recherches limitées des moteurs de recherche actuels. Elles présentent de nombreux inconvénients mais ouvrent de nouvelles perspectives sur de nouveaux systèmes plus élaborés et interactifs. Des projets sont d’ailleurs en attente comme X-folk et Mozilla Firefox Tagsy.
Comment éduquer à l’indexation ou la Tag literacy
Il faut améliorer les folksonomies en formant les usagers à l’usage des tags et en indexant les documents avec plusieurs mots-clés. En effet, les usagers ne respectent pas les règles et conventions d’usages lors des indexations par tags. Des règles d’usage de tags ont été établies afin de pallier ce manque de rigueur :
ü Les tags doivent pouvoir être utilisés par tous
ü Les catégories sont mises au pluriel
ü Pas de majuscules
ü Définir un groupe de mots grâce à l’underscore
ü Inclure des synonymes
ü Utilisation des conventions d’indexation des sites et des réseaux sociaux utilisés
ü Ajouter des tags à d’autres ressources pour collaborer aux efforts d’indexation
Ces règles nécessitent de la part des usagers du temps et des compétences. Bien que les folksonomies soient moins coûteuses en temps, elles augmentent le temps de recherche car les mots-clés entraînent du bruit et donc l’utilisateur doit faire des démarches supplémentaires dans sa recherche. Cette perte de temps engendre un coût plus important.
Selon ses besoins et ses utilisations, l’usager peut désormais indexer ses documents. Ce système apparaît souple mais présente certains risques de manipulation. Peut être, que les folksonomies et les indexations par les professionnels coexisteront étant donné qu’elles se complètent. Les folksonomies ont un intérêt dans l’accessibilité de l’information et dans la veille. Les indexations par les professionnels sont elles plus intéressantes dans la sélection de l’information à caractère plus durable.
Nous pouvons imaginer des systèmes de catalogues hybrides avec les deux systèmes d’indexation.
Avis critique :
Cet article définit clairement les folksonomies, nouvelles formes d’indexation par les utilisateurs sur Internet. Les différentes citations de professionnels de l’information permettent d’illustrer le débat actuel sur l’intérêt de ce système qui présente des limites, souvent critiqué dans le milieu de l’information.
La définition des termes liés à ce nouveau système permet également de se familiariser avec ces nouvelles expressions.
En montrant systématiquement les avantages liés aux inconvénients des folksonomies, l’auteur montre que ce nouveau système est ambitieux et doit être amélioré afin de simplifier les recherches pour les utilisateurs sur le web.
Les futurs projets sont très attendus et permettront peut être de faire coexister les deux systèmes afin de satisfaire les usagers et les professionnels de l’information.
Le 10 novembre 2006
23 novembre 2006
Fiche de lecture n°2 : Audiovisuel et cinéma archivage, conservation, diffusion : Les enjeux de la recherche à l’INA
Références bibliographiques :
BACHIMONT, Bruno. Audiovisuel et cinéma archivage, conservation, diffusion : Les enjeux de la recherche à l’Institut national de l’audiovisuel [en ligne]. Avril-mai-juin 2005.
Disponible sur : http://www.culture.gouv.fr/culture/editions/r-cr.htm
Sujet :
La numérisation du patrimoine audiovisuel français par l’Ina.
Mots clés :
Ina / Audiovisuel / Patrimoine / Numérisation.
Les auteurs :
Bruno BACHIMONT occupe la fonction de directeur scientifique au sein de la direction de recherche et d’expérimentation de l’Ina.
Il est également enseignant-chercheur à l’Université de technologie de Compiègne – UMR/CNRS Heudiasyc.
Résumé :
Depuis 1975, l’Ina, l’Institut national de l’audiovisuel, est charger de conserver, traiter, et exploiter le patrimoine audiovisuel français de la radiotélévision.
Dans le cadre du dépôt légal, depuis 1995, l’Ina est tenu d’archiver tout programme diffusé en France par la radio ou la télévision.
L’Ina doit alors préserver le patrimoine audiovisuel, l’organiser, le documenter, et le rendre accessible à tous.
La conservation des documents du fonds de l’Ina est menacée par les attaques du temps sur les divers supports analogiques et par l’obsolescence des machines de lecture de ces supports. Afin de préserver les contenus des documents audiovisuels, l’Ina numérise son fonds à partir d’un plan de numérisation.
Compte tenu de l’insaisissable forme audiovisuelle codée, du contenu d’un document dont la durée est relative à la durée de travail pour le documentaliste, et l’importance du volume du fonds, le travail documentaire doit être réglementé et le fonds soumis à une description et à une organisation. Cette documentation permet de retrouver des documents et de les exploiter. Le plan de numérisation de l’Ina permet de faciliter ces procédures mais engendre certaines problématiques.
L’Ina doit préserver les contenus physiques des documents et transmettre leurs modes de lecture. A ce titre, l’institut exploite et rend accessible son fonds à tous : producteurs, chercheurs…L’Ina tient un rôle de mémoire et communique la culture de la radiotélévision française en donnant un accès direct notamment lors d’événements (24 h de la télévision, les journées du patrimoine…).
Les solutions aux problèmes originaux rencontrés par l’Ina se trouvent dans la recherche. Des projets de recherche ont été élaborés afin de solutionner la difficulté technique (recherches d’ingénierie documentaire, de traitement du signal, de modélisation conceptuelle), la généricité de ces difficultés rencontrées par d’autres pays européens, les enjeux associés (juridiques, culturels…).
Trois projets ont ainsi vus le jour :
PrestoSpace : projet européen ayant pour objectif de préserver le patrimoine audiovisuel européen, d’un point de vue surtout économique, pour mettre en place les solutions de sauvegarde.
Signature : projet de l’Ina de traçage de ses documents afin de les surveiller.
PACE : projet expérimentant des moyens de navigation et les différents modes d’accès envisagés pour une collection numérique audiovisuelle.
L’institut s’interroge également sur : les outils graphiques de consultation dans de grandes bases de données complexes, la restauration numérique de programme, le stockage de masse, les langages documentaires pour l’audiovisuel (MPEG-7, XML), la modélisation des connaissances (ontologies, thésaurus) et l’analyse sémiotique et rhétorique des contenus.
Son dernier engagement : le projet Quaero qui envisage des solutions et outils pour la gestion des informations multimédias.
Le patrimoine audiovisuel est alors considéré comme ayant un intérêt culturel, scientifique, technique et industriel.
Avis critique :
Cet article définit les missions de l’Ina et le plan de numérisation et de sauvegarde du patrimoine audiovisuel français. Les enjeux de cette numérisation sont mis en relation avec les missions de manière très simple.
Mais certaines informations sont difficiles à comprendre comme la forme audiovisuelle codée. L’auteur ne développe pas certains concepts et ne fait que les citer.
L’auteur n’aborde pas explicitement la mise en ligne au grand public pourtant prévue dans le plan de numérisation.
Les projets envisagés sont développés plus en détail dans les articles qui suivent celui-ci, ce qui permet d’approfondir le sujet.
Le 3 octobre 2006
Fiche de lecture n°1 : La bibliothèque numérique et l’entreprise
Références bibliographiques :
CHAUMIER, Jacques. La bibliothèque numérique et l’entreprise [en ligne]. Avril 2004.
Disponible sur : http://www.defidoc.com/internet_intranet/BibliNum.htm
Sujet :
Certaines fonctions et limites de la bibliothèque numérique au sein de l’entreprise.
Mots clés :
bibliothèque / bibliothèque numérique / entreprise
L’auteur :
Jacques Chaumier est diplômé de l'Institut national des techniques de la documentation. Il est le Conseiller auprès du président du Bureau van Dijk. Il a été plusieurs années président du Groupement français de l'industrie de l'information.
Il est également l'auteur de nombreux ouvrages sur l'information et la documentation.
Résumé :
Grâce aux TIC et à la numérisation, la bibliothèque numérique permet aux documents d’être transportés et d’être stockés. Afin de se valoriser, l’entreprise utilise l’information numérique. Les fonctions de la bibliothèque numérique reposent sur les mêmes principes que celle dite traditionnelle : une organisation en fonction d’un public défini, une sélection de documents selon les besoins, une organisation des connaissances avec le traitement documentaire, et une mise en place de services.
À cela viennent s’ajouter les fonctions propres à la bibliothèque virtuelle : l’identification des documents (l’offre de consultation de catalogues qui est plus importante), la visualisation du document (en mode image, en mode texte, ou les deux affichages), le système d’alerte (au moyen duquel l’utilisateur reçoit les informations qui pourraient l’intéresser), la manipulation sur le contenant (la possibilités d’annoter les documents, la création de dossiers, l’utilisation de procédures workflow), l’exploitation du contenu du document (l’analyse bibliométrique, l’analyse lexico-sémantique), la fonction hypertexte (la possibilité de liens internes et externes au document).
Toutes ces fonctionnalités de la bibliothèque numérique enrichissent le travail en entreprise cependant ce système a des limites. L’auteur relève principalement les difficultés de normalisation qui sont des problèmes en cours de résolution avec le codage des caractères en UNICODE, avec l’utilisation du XML pour normaliser le balisage et la structuration des documents numériques, le Dublin Core permet de normaliser les métadonnées qui renseignent les documents numériques, pour leurs diffusion le format PDF apparaît comme une solution, en ce qui concerne la compression des documents en noir et blanc, il existe déjà la norme Groupe IV du fax, et pour la compression des images, le format MPEG. Des difficultés d’identification des documents à travers les bibliothèques numériques sont aussi des obstacles à ce système; il existe également des problèmes de droit car les documents numériques sont plus facilement reproduits et téléchargés invitant les internautes au piratage sans respecter le copyriqht et le droit de copie. Enfin, la pérennité du document engendre tout un questionnement sur la conservation du document numérique incertaine et la dématérialisation du document.
Jacques Chaumier conclut en insistant sur l’importance de la bibliothèque numérique dans l’entreprise comme moyen de capitalisation du savoir de cette dernière, comme outil d’ouverture, comme moyen d’échange d’information. Pour finir, l’auteur rappelle que la valeur de la bibliothèque virtuelle dépend de ceux qui la gère, notamment le manager de l’entreprise qui établit les objectifs de la bibliothèque, le professionnel de l’information qui sélectionne et contrôle les informations à transmettre, et l’informaticien qui choisit les outils informatiques et effectue la maintenance technique.
Avis critique :
L’auteur de cet article explique clairement certaines fonctionnalités de la bibliothèque électronique, ainsi que les difficultés liées à cette numérisation de l’information. On se rend compte de l’importance de cette technologie pour les entreprises qui ont accès au savoir de leurs collègues de manière structurée (le knowledge management), et ainsi les employés de l’entreprise ont la possibilité d’avoir des renseignements utiles pour leur travail sur les autres services de l’entreprise. Il demeure néanmoins des difficultés que l’auteur estime en cours de résolution.
Mais l’auteur ne dit pas explicitement qu’il s’agit d’intranet et cela m’a désorienté. Il parle de bibliothèque virtuelle, numérique mais a aucun moment d’intranet.
Je pense que la bibliothèque virtuelle ne peut qu’améliorer le travail effectué au sein de l’entreprise.
Le 3 octobre 2006